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“Le sexe oral, c’est sale” : une fausse croyance encore très répandue

7 sept. 2026

À l’École de Sexothérapie Holistique, nous avons créé un jeu pédagogique autour de 30 fausses croyances sexuelles.

L’objectif est d’aider à déconstruire les idées reçues qui influencent notre rapport au corps, au plaisir et à l’intimité.

Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir la troisième carte :

« Le sexe oral, c’est sale. »

Cette affirmation reste encore très présente dans de nombreux discours.

Elle peut sembler anodine.

Et pourtant, elle est souvent porteuse de :

honte,
culpabilité,
gêne,
blocages,
jugements.

Pour comprendre cette croyance, il faut aller bien au-delà de la simple question d’hygiène.

Il faut s’intéresser à l’histoire, à l’éducation et aux représentations culturelles de la sexualité.

Une croyance encore très répandue

Beaucoup de personnes ont grandi avec des messages explicites ou implicites comme :

  • “Certaines pratiques sont dégradantes.”

  • “Ce n’est pas propre.”

  • “Ce n’est pas naturel.”

  • “Une personne respectable ne fait pas ça.”


Ces croyances peuvent venir :

  • de l’éducation familiale,

  • de la culture,

  • de la religion,

  • de l’environnement social,

  • ou encore de certaines expériences personnelles.


Avec le temps, elles s’ancrent profondément.

Au point que certaines personnes ressentent un véritable dégoût… parfois sans même savoir d’où il vient.


Le sexe oral : une pratique sexuelle parmi d’autres

Le sexe oral (cunnilingus, fellation, anulingus) fait partie des pratiques sexuelles possibles entre adultes consentants.

Comme toutes les pratiques sexuelles consensuelles, il n’est ni “bon” ni “mauvais” en soi.


Ce qui compte avant tout, c’est :

  • le consentement,

  • le respect mutuel,

  • le confort,

  • l’envie réelle.


Certaines personnes apprécient cette pratique.

D’autres non.

Et les deux positions sont parfaitement légitimes.

L’enjeu n’est jamais d’imposer une pratique.

L’enjeu est de pouvoir faire des choix libres, éclairés et non dictés par la honte ou le conditionnement.


La question de l’hygiène : une notion très personnelle

Quand une personne dit :

“Le sexe oral, c’est sale”

la question de l’hygiène est souvent mise en avant.

Mais l’hygiène est une notion en partie subjective et culturelle.


Nous vivons dans une société où l’hygiène corporelle occupe une place très importante.

Cette hypervigilance autour du “propre” et du “sale” influence naturellement la sexualité.


Pour certaines personnes, le contact avec :

  • les odeurs,

  • les fluides,

  • les sécrétions corporelles

peut être inconfortable.

Cela mérite d’être entendu sans jugement.


Mais il est important de distinguer :

  • une préférence personnelle,

  • d’une croyance généralisée.

Dire :

“Je n’aime pas cette pratique.”

n’est pas la même chose que dire :

“Cette pratique est sale.”

D’où vient cette croyance ?

C’est une question centrale.

Car beaucoup de croyances sexuelles sont héritées d’une histoire collective.

Dans notre société marquée par un héritage judéo-chrétien, la sexualité a longtemps été pensée principalement sous l’angle de la reproduction.

Pendant des siècles, les pratiques sexuelles non reproductives ont été fortement condamnées.


Cela concernait notamment :

  • le sexe oral,

  • la sodomie,

  • les relations entre personnes de même sexe,

  • et d’autres pratiques considérées comme “contre nature”.


Selon les époques, ces pratiques ont été :

  • interdites,

  • moralement condamnées,

  • parfois sévèrement punies.


Ces héritages culturels ont laissé des traces profondes.

Même si notre société a évolué, certaines croyances restent encore très présentes.


La sexualité ne se résume pas à la reproduction

L’un des grands enjeux de la sexothérapie est justement de sortir d’une vision réductrice de la sexualité.

La sexualité humaine ne remplit pas uniquement une fonction reproductive.


Elle peut aussi être un espace de :

  • plaisir,

  • connexion,

  • jeu,

  • intimité,

  • exploration.

Comprendre cela change profondément notre manière d’aborder les pratiques sexuelles.


Le danger des jugements dans la sexualité

Les croyances rigides créent souvent de la souffrance dans les couples.

Elles peuvent générer :

  • des blocages,

  • des incompréhensions,

  • de la honte,

  • un sentiment d’anormalité.


Par exemple :

  • une personne peut culpabiliser d’aimer certaines pratiques,

  • une autre peut se sentir forcée malgré elle,

  • ou un couple peut s’enfermer dans des tensions répétées.


La difficulté n’est pas toujours liée à la pratique.

Elle est souvent liée aux représentations autour de cette pratique.


En sexothérapie, apprendre à ne pas projeter ses propres croyances

C’est un point fondamental dans la formation des futurs sexothérapeutes.

À l’École de Sexothérapie Holistique, nous formons les praticiens à accompagner tous types de consultants, quelles que soient :

  • leurs préférences sexuelles,

  • leurs pratiques,

  • leurs limites,

  • leurs valeurs.


Un bon sexothérapeute n’impose pas sa propre vision de la sexualité.

Il apprend à reconnaître ses propres filtres pour éviter de les projeter sur les personnes qu’il accompagne.


Cette posture demande :

  • du recul,

  • de la nuance,

  • de l’ouverture,

  • et une véritable connaissance de l’histoire de la sexualité.


C’est notamment pour cela que nous consacrons un module entier à l’histoire de la sexualité dans notre formation.

Comprendre d’où viennent les croyances permet de mieux accompagner leur déconstruction.


Les 30 fausses croyances sexuelles

À l’École de Sexothérapie Holistique, nous utilisons un jeu pédagogique autour des 30 fausses croyances sexuelles.

Cet outil aide à ouvrir le dialogue et à déconstruire les idées reçues qui influencent profondément la vie intime.

Car beaucoup de blocages sexuels trouvent leur origine non dans la sexualité elle-même…Mais dans ce que l’on a appris à croire à son sujet.



FAQ

Le sexe oral est-il sale ?

Non. Le sexe oral n’est pas intrinsèquement sale. Comme toute pratique sexuelle, les perceptions autour de l’hygiène dépendent aussi des croyances, du contexte et des préférences personnelles.


Est-il normal de ne pas aimer le sexe oral ?

Oui. Chacun est libre d’aimer ou non certaines pratiques sexuelles. Le consentement et le respect des limites restent essentiels.


Pourquoi certaines personnes ressentent-elles du dégoût ?

Ce ressenti peut être influencé par l’éducation, la culture, la religion, certaines expériences personnelles ou des croyances profondément ancrées.


Pourquoi les sexothérapeutes travaillent-ils sur les croyances sexuelles ?

Parce que de nombreux blocages, tensions et souffrances sexuelles sont liés à des croyances limitantes ou à des représentations erronées de la sexualité.


Article rédigé par Amélie Leniaud

Psycho-sexologue • Sexothérapeute • Thérapeute de couple • Superviseure • Formatrice • Cofondatrice de l’École de Sexothérapie Holistique (ESH)

Amélie Leniaud accompagne depuis plusieurs années des individus et des couples autour des problématiques liées à la sexualité, à l’intimité et aux relations. Spécialisée en sexothérapie, thérapie de couple et relation d’aide, elle défend une approche globale, humaine et intégrative de l’accompagnement.

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